Articles dans Technostress
[La tech vue par une non-geek] Réflexions sur les tendances: Retro Trust

Il y a quelque temps, j’ai lu un article de Singularity Hub sur les «tendances non-évidentes» qui sont en train d’influer sur notre avenir à tous. Comme son nom indique, il ne s’agit pas de robots, ni d’intelligence artificielle, ni des smart cities, ni de big data. Sans aucun doute, tout cela accélère les changements, ce qui génère un certain nombre des tendances pointées par cet article, et qui émanent de neuf ans de recherche par l’auteur Rohit Bhargava. Quelques-une de ces tendances parlent à mon côté pas vraiment geek et me donne une bonne excuse pour vous parler d’autres sujets qui m’intéressent. 🙂

La première de ces tendances est ce que Bhargava appelle le «Retro Trust». Il précise que «les gens sont attirés par les expériences nostalgiques». Face à une technologie qui remplace rapidement le vieux avec le clinquant du neuf, il déduit que les gens recherchent le familier et le fiable pour contrecarrer ce changement trop rapide. Ses exemples comprennent l’engouement pour les disques vinyl et l’utilisation des téléphones réduite aux appels et aux SMS. Et son conseil pour les dirigeants est de capitaliser sur ce sentiment en recherchant des opportunités de collaboration et des façons de faire apparaître le fiable et le familier dans le neuf.

Moi, je pense à l’intérêt pour la simplicité et le minimalisme numérique dont j’ai déjà parlé, dans l’article «Tech & Stress: Et si on parlait de connexion réfléchie plutôt que du droit à la déconnexion?»

Et je pense aussi à l’engouement pour la méditation et la pleine conscience, très à la mode dans les entreprises. Et à juste titre: des études innombrables démontrent les bénéfices de cette pratique pour réduire le stress et même changer son cerveau (si, si).

Les leaders du fitness et du bien-être en parlent sans arrêt et vous expliquent pourquoi vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas méditer. Tout entrepreneur, dirigeant et manager de nos jours devrait d’explorer cette pratique. D’ailleurs, la méditation fait également partie des «hacks» (des actions à l’impact multi-supérieur à l’effort demandé) les plus puissants pour retrouver une autre activité un peu nostalgique de notre temps: le sommeil — très important pour notre productivité et notre bien-être et bien trop négligé: un quart des français se plaint de manquer de sommeil, et un tiers déclare souffrir de troubles de sommeil.

Je tire de cette tendance quelques idées pour faire face aux changements incessants de nos vies très actives:

  • Focalisez-vous sur la fiabilité et le familier

  • Simplifiez-vous la vie ou celle de vos clients

  • Méditez et dormez

 
 
[Tech & Stress] La méthode CREPE pour rester Zen face à la technologie

Ne pas se retrouver à la merci de ses outils numériques, c’est possible. La technologie est là pour nous servir et pour nous rendre service, et pas l’inverse. Comment garder la maîtrise ? Permettez-moi de vous présenter la méthode CREPE pour combattre le technostress au quotidien. Elle s’articule autour de 5 éléments clés.

  • Choix — Nous avons le choix : soit on est maître, soit on est esclave.

  • Respiration — Cette fonction vitale permet aussi de déclencher le système parasympathique, c’est-à-dire, de nous calmer. C’est plus utile que de jeter l’ordi par la fenêtre. Créer une habitude de respirer avant de et après répondre/regarder vos emails, votre messagerie, Facebook, Instagram: inspirez sur un compte de trois, expirez sur un compte de cinq.

  • État d’esprit — Se poser les bonnes questions (À quoi ça sert? Est-ce que ça me sert vraiment? Peut-on simplifier?…) permet de placer la technologie dans nos vies de façon consciente là où elle apporte le plus. L’ouverture au changement est aussi un levier anti-stress, même si on n’adopte pas toutes les nouveautés qui se présentent (ce n’est pas conseillé !). Mais cela ouvre l’esprit à la possibilité de changer, de ne pas rester bloqué sur un choix technologique fait il y a plusieurs années, voire seulement quelques mois : faut-il vraiment aller jusqu’au bout du passage au nouvel ERP?

  • Prévenir — Avec quelques bonnes pratiques de sécurité informatique, vous pouvez faire chuter un pan entier de stress. Ce n’est pas qu’une question d’outils – il faut d’abord faire la peau aux évidences comme par exemple les mots de passe!

    Le plus étonnant est que nous faisons bien souvent trop vite confiance à nos technologies. Nous croyons, de manière implicite, que nos systèmes technologiques sont infaillibles. On leur donne le pouvoir de gérer notre quotidien et nos besoins. Dans la relation avec une machine, il n’y a que l’humain qui a le choix, la capacité d’entreprendre une action. C’est donc à nous aussi de prévenir…

  • (petit) Effort — La technologie n’est pas de la magie, du coup il faut parfois consentir un petit effort de compréhension pour apprivoiser les adaptations nécessaires. S’intéresser aux évolutions permet de positiver les apports de la technologie. Pourquoi? Le cerveau adore ce qu’il y a de nouveau. Un petit shoot de dopamine par une idée nouvelle nous motive. C’est neurochimique. Et si en plus on comprend (même un peu) comment ça marche, alors on se sent même un peu fier, non ? Et du coup moins stressé.

luter contre le stress
[Tech&Stress] C'est quoi les technologies exponentielles ? Et pourquoi je devrais y prêter attention.

Vous avez peut-être entendu parler des technologies dites «exponentielles» et de changement «exponentiel», vous rappelant le doux souvenir de votre prof de maths au lycée vous expliquant la fonction exponentielle. Avec notre cerveau qui pense de façon linéaire, l’exponentiel reste toujours un concept flou. Rassurez-vous, cela n’empêche pas d’en comprendre tout de même le sens!

L'intelligence artificielle, la robotique, la biologie synthétique, les nanotechnologies…

Revenons à nos technologies exponentielles. Si nous parlons des technologies telles que l'intelligence artificielle, la robotique, la biologie synthétique ou encore les nanotechnologies, on dit qu’elles sont exponentielles parce que leurs performances doublent tous les dix-huit à vingt-quatre mois. Cette progression est si rapide que les chefs d'entreprise n'arrivent à l'intégrer ni dans leur mode de pensée ni dans leurs stratégies. Vu la rapidité du changement et notre tendance naturelle à vouloir faire le moindre effort pour ne pas dépenser trop d’énergie (ce n’est pas que nous sommes paresseux, c’est notre cerveau qui est programmé comme ça), en fin de compte, il est assez normal que nous nous sentions presque «largués».

Et si au lieu de refuser l’obstacle, nous essayions de cerner ce que cela veut dire vraiment, rien que pour l’exercice mental?

Avec un esprit toujours positif, je propose d’appliquer la notion d’exponentiel à quelque chose qui nous intéresse bien plus que le futur du monde: nous même. Si vous apportez un changement dans votre vie qui l’améliore de 1% tous les jours, à la fin de l’année, l’amélioration ne sera pas multipliée par 3,65 fois, mais par 37! Avec 1% d’optimisation quotidienne, à la fin de la deuxième année, le coefficient multiplicateur atteint 1400. Encore une année, et c’est x 53 405 fois! Et ainsi de suite, de manière exponentielle donc.

Imaginons, maintenant, notre futur, si ces technologies exponentielles servaient le bien-être de l’humanité…

 
 


Tech & Stress: Et si on parlait de connexion réfléchie plutôt que du droit à la déconnexion?

À l’heure du tout numérique et du «digital» (sic) à toutes les sauces, les entreprises se penchent sur la déconnexion, suite au droit à la déconnexion voté en 2016. Et si on parlait plutôt de connexion réfléchie et maîtrisée? Ce sont les termes que je préfère, car le vrai problème n’est pas la technologie en soit mais ce qu’on en fait, le rapport que l’on entretient avec l’outil et comment on perçoit ses fonctions.

Pour ma part, je n’ai aucunement envie de déconnexion. J’aime Netflix qui me tient compagnie quand je ne dors pas, Alexa qui allume la lumière à la demande quand je me lève le matin, les battements binauraux créés par des enregistrements que je télécharge pour booster ma méditation matinale. J’aime consulter la variabilité de ma fréquence cardiaque calculée par ma bague connectée Oura afin de déterminer si après la méditation je fais du tai chi ou si j’ouvre une appli pour trouver un entraînement intense et optimisé de sept minutes. J’aime la lecture de quelques pages sur mon Kindle en buvant mon café (au beurre, mais ça c’est une autre histoire) et en passant en revue mes objectifs et les habitudes que je suis en train de créer, le tout grâce aux différents appareils et applis. Et tout ça, avant même de commencer ma journée de travail.

D’accord, d’accord, le droit à la déconnexion n’a rien à voir avec le «digital detox» (se couper de tous ses appareils pendant une période déterminée). Ceci dit, vous remarquerez que la routine matinale décrite ci-dessus ne fait pas du tout mention ni de Facebook, ni de courriels, ni de SMS. Je pars du principe que pour maîtriser ma journée, elle doit commencer par les priorités qui sont les miennes et non pas celles des autres. Nous savons tous que nos appareils connectés et toutes leurs fonctions ont la fâcheuse habitude de détruire les frontières du temps et de l’espace, et de faire fondre les limites entre la vie professionnelle et la vie privée. Je vous l’accorde, se déconnecter permet de recréer des frontières pour mieux se re-connecter, de façon intentionnelle.

Le droit à la déconnexion

Face à une perte de limites entre vie professionnelle et vie privée, une étape simple est de bien définir les limites, ce qui est certainement, au fond, l’objet de cette loi.

Le CGT définit ce droit à la déconnexion:

Les outils numériques exigent de nouvelles protections pour garantir l’effectivité du droit en matière de temps de travail, de repos et de santé des salarié.e.s. L’enjeu est de garantir un réel droit à la déconnexion par rapport à la vie professionnelle afin de préserver la vie privée et la santé.

La loi, en revanche, ne prévoit pas de définition plus précise, laissant aux entreprises la liberté de définir les modalités. Les pistes sont nombreuses:

  • Réduire la charge du travail

  • Encadrer l’usage des outils numériques

  • Définir des chartes concernant les moyens de communication tels les emails (rappelons que l’échange de courriels est un moyen de communication asynchrone qui, donc, n’oblige pas à une réponse immédiate).

Le bouton OFF

Quels sont les leviers à utiliser pour réduire la connexion qui déborde? Comment optimiser l’utilisation des outils? Il y a une place pour la formation des managers et les RH sur le sujet.

Vous n’avez pas besoin d’attendre une charte de la déconnexion. En tant qu’être humain pensant, vous pouvez décider à tout moment de remettre des limites.

Oui, on risque le ridicule, les critiques, des questionnements, voire même l’isolement. Du moins, c’était mon expérience avant même d’avoir un téléphone portable — ça me date un peu — quand par choix, je ne répondais pas au téléphone fixe après 19h—pour personne, professionnel ou personnel. Au bout d’un certain temps, les gens qui voulaient vraiment me joindre ont pris l’habitude de m’appeler avant.

Maintenant, grâce à cette loi, la hiérarchie ne peut plus insister que vous répondiez aux courriels en dehors du temps de travail. Mais, vous, vous fixez-vous vos propres limites? Que l’on soit salarié ou chef d'entreprise, cela vaut la peine de s'y astreindre volontairement, pour éviter l'épuisement. Optez pour une connexion réfléchie et une déconnexion choisie—le bouton OFF est la fonction la plus importante des smartphones et des autres appareils.

Le minimalisme numérique

Je vous invite, donc, à la découverte du minimalisme numérique, une philosophie qui vous encourage à vous demander quels outils de communication numériques (et les comportements qui les entourent) ajoutent de la valeur à votre vie. Ce courant de pensée, promu par Cal Newport et d’autres, est motivé par la conviction que la suppression intentionnelle et agressive du bruit numérique de faible valeur combinée à l'optimisation de l’utilisation des outils réellement utiles peuvent améliorer considérablement votre vie. De façon générale, il l’applique à la sphère privée, mais il me semble tout aussi pertinent dans le cadre professionnelle.

Quelques étapes pour commencer:

  • Faites une pause des “technologies non-essentielles”

  • Identifier ce qui vous importe vraiment. À quoi voulez-vous consacrer votre temps? Au travail, vous pouvez formuler la question autrement: Qu’est-ce qui est vraiment lié à ma fonction?

  • Réintroduire les technologies qui ajoutent de la valeur à votre vie ou qui vous permet d’ajouter de la valeur dans votre travail.

droit à la déconnexion
L’attention fractale… ou les conséquences de se croire aussi multitâche que son smartphone

Nos appareils sont formidables avec leur capacité de faire plusieurs choses à la fois, avec de nombreuses fenêtres ouvertes en même temps et parfois même plusieurs écrans branchés pour multiplier la surface de travail, des tâches de fonds qui tournent sans arrêt...

Mais soyons clair. Vous, tout être humain que vous êtes, n’êtes pas multitâche. Ni les hommes, ni les femmes.

Au contraire même, si l’on en croit les conseils du professeur en neurosciences du Massachusetts Institute of Technology, Earl Miller: ne faites jamais plusieurs tâches à la fois. De toute façon, ce n’est jamais «à la fois» mais toujours l’une après l’autre. Des allers-retours. Chaque transition prend quelques millisecondes et a un coût cognitif—c’est énergivore et cela réduit la capacité d’attention que vous pouvez réserver à la tâche. De plus, à chaque fois que vous changez de tâche, il y a ce qu’on appelle “résidus d’attention” (attention residue) — c’est-à-dire, le temps nécéssaire pour que votre cerveau traite les informations de la tâche précédente, et qui empiète donc sur la tâche en cours.

Finalement, une des conséquences de cette tendance que nous avons tous de croire que le dernier SMS est suffisamment important pour interrompre la tâche en cours entraîne un partage d’attention permanent. C’est ce que j’appelle l’attention fractale, qui n’est pas compatible avec un état optimal de concentration et de performance.

Par ailleurs, tenter d’être multitâche est stressant, comme toute activité où la demande excède la capacité. Votre cortex ne peut se focaliser que sur une seule chose à la fois. Comme ce qu’on demande à notre cerveau est impossible, le corps y répond avec un bon coup d’adrénaline, et hop, on a l’impression d’avoir plus d’énergie, alors qu’en réalité le cerveau dispose de moins de sang pour réfléchir… hum…

Vous n’êtes pas encore convaincu? Considérez donc ceci. Le multitâche…

  • ça vous rend bête: on a pu mesurer que cela faisait baisser le QI (source: ScienceDirect.com).

  • ça vous rend impulsif: «Une des premières choses que nous perdons est le contrôle des impulsions. Cela mène rapidement à un état d'épuisement dans lequel, après avoir pris de nombreuses décisions insignifiantes, nous pouvons finir par prendre de mauvaises décisions à propos de quelque chose d'important.» (Daniel Levitin, neuroscientifique, sur l’approche multitâche).

  • ça vous rend dépendant: Levitin précise aussi que, «le multitâche crée une boucle de rétroaction dopamine-dépendance, récompensant efficacement le cerveau pour sa perte de concentration et pour sa recherche constante de stimulation externe».

  • ça détruit des parties du cerveau: une étude de l’Université du Sussex (Royaume-Uni) a montré que les pratiquants du multitâche multiple avaient une densité cérébrale inférieure dans le cortex cingulaire antérieur. C'est la région du cerveau responsable de l'empathie et du contrôle émotionnel, le siège de l’intelligence émotionnelle

  • ça affaiblit vos filtres: selon des études faites par l’Université de Stanford, plus on multitâche, plus on a du mal à éviter les distractions et moins on est efficace pour contrôler les passages d’une tâche à l’autre. La spirale infernale est claire: on reçoit des milliers d’informations tous le temps, alors que l’on est capable de n’en traiter qu’une quarantaine maximum à la fois. Nos filtres internes nous permettent de faire le tri. Quand on n’y arrive pas, on bascule dans des états de stress permanents.

  • ça entrave la créativité et l’innovation: selon Earl Miller (voir ci-dessus), «La pensée novatrice provient d'une concentration accrue… Lorsque vous essayez de faire plusieurs choses en même temps, vous n'allez généralement pas assez loin pour trouver quelque chose d'original parce que vous faites des retours en arrière en permanence».

  • … n’est vraiment accessible qu’à 2% de la population. On les appelle les supertaskers, et si vous êtes sûr d’en faire partie, hum… évaluez-vous vraiment…

Suivez donc les conseils du Professeur Miller, qui ajoute: «supprimez toutes les distractions pour contrer la soif de nouveauté de votre cerveau, et planifiez des plages de temps pour chaque tâche de façon individuelle.” C’est franchement plus efficace (+40%).

To multitâche or not to multitâche…
Tech & Stress : Nos bonnes (et mauvaises) habitudes... et comment lutter contre ces dernières

Avez-vous essayé de désactiver les alertes automatiques sur vos différents appareils ? Qu’avez-vous ressenti? Vous sentiez-vous soulagé? Plus calme? Ou en manque?

Oui, on peut ressentir un manque, car notre façon d’utiliser la technologie devient vite une habitude, et comme notre cerveau est de nature à vouloir dépenser le moins d’énergie possible, il n’aime pas changer ses habitudes.

Selon la neuroscientifique Dr. Sarah McKay, le cerveau, bien que restant plastique et changeant toute la vie, ne change que s’il a une bonne raison de le faire. D’ailleurs, trouver une raison motivante est la première étape pour apprendre une nouvelle compétence... ou opérer un changement.

C’est pourquoi, parler des habitudes revient à poser la question du choix. Ce dernier joue-t-il un rôle dans votre utilisation des technologies au quotidien?

Le Dr. Greg Wells, co-auteur du livre The Focus Effect, nous rappelle que la technologie n’est pas un problème en soi, et qu’elle est même incroyable, positive et utile. C’est plutôt notre utilisation passive au lieu d’intentionnelle qui pose problème.

Les habitudes: un formidable hack d’optimisation

Les habitudes nous font gagner à la fois du temps et de l’énergie. Imaginez, par exemple, l’énergie que vous dépenseriez si à chaque fois que vous voyez une porte, il fallait penser à comment l’ouvrir. Et nous avons tous la capacité de créer des habitudes de façon consciente. Je décide de me lever pour faire du sport tous les matins, je le fais en me forçant au début, et au bout d’un certain temps—entre 18 et 254 jours—ça devient automatique. J’ai créé une habitude. Rassurez-vous, cette création est plus aisée si on rend la chose à faire très visible (rappels, post-its, etc.), car le cerveau aura tendance à oublier au début. Faire par palier facile aide également (5 minutes de mouvement avant de tenter une heure de Crossfit).

Aristote va plus loin pour nous dire que l’habitude nous crée: «Nous sommes ce que nous faisons à plusieurs reprises». Et il poursuit: «L’excellence n’est donc pas un acte, mais une habitude».  Quelle est l’implication de cette définition sur notre utilisation habituelle de la technologie?

Vous utilisez vos appareils sans y penser ? Donc de manière habituelle ? Si on en croit Aristote, cela fait de vous quelqu’un d’excellent alors ? Euh… comment dirais-je… réfléchissons tout de même un peu…

Effectivement, si nous utilisons notre téléphone pour nous rappeler de faire une pause toutes les 50 minutes, par exemple pour faire un tour dehors en comptant ses pas grâce à sa montre intelligente, cela peut contribuer à votre excellence, tout comme d’activer de façon automatique le mode nuit sur le téléphone et la tablette à partir du coucher du soleil (qui limite l’exposition à la lumière bleu afin de préserver sa production de mélatonine, et par conséquent son sommeil). L’appareil crée l’habitude pour vous.

En revanche… consulter son compte Facebook ou instagram en permanence, regarder sa messagerie tout le temps et à toute heure, même en pleine conversation avec son partenaire ou ses enfants, perdre la notion du temps devant son écran… ça, c’est une autre paire de manches.

Le risque de l’addiction?

Selon un article récent publié dans Psychology Today, voici quelques questions qui pourraient vous guider dans votre réflexion sur votre utilisation de la technologie:

  • Avez-vous remarqué une augmentation de la fréquence d'utilisation de vos appareils?

  • Vous êtes-vous senti coupable de la fréquence à laquelle vous utilisez vos appareils?

  • Avez-vous une forte envie d'utiliser vos appareils?

  • Lorsque vous les utilisez, êtes-vous de meilleure humeur? Avez-vous des frissons?

  • Si vous ne pouvez pas les utiliser, ressentez-vous une gêne?

  • Avez-vous essayé de réduire le temps d'utilisation de votre appareil? Si oui, avez-vous réussi?

  • Vos proches se sont-ils plaints de votre utilisation? Si oui, avez-vous maintenu votre taux d'utilisation indépendamment de leurs plaintes?

Ces questions n’ont pas pour objectif de poser un diagnostic et ne remplace en aucun cas l’avis d’un spécialiste. Par contre, je les trouve intéressantes pour alimenter une reflexion. Par exemple, en établissant une échelle de 1 à 10, allant de l’habitude non-réfléchie jusqu’au choix pleinement réfléchi, en pleine conscience.

Je vous propose une exercice. Tous les demi-heures pendant une demi-journée ou même toute une journée, prenez quelques minutes pour noter comment vous avez utilisé la technologie (ordinateur, applis, téléphone mobile, smart-”tout ce que vous voulez”…) et évaluez sur cette échelle de 1 à 10 si vous êtes dans le non-choix (habitude, voire addiction) — 1 — ou dans le choix pleinement conscient — 10.

Si vous le souhaitez, partagez votre expérience dans les commentaires.

Comme bonus, voici trois hacks pour casser une (mauvaise) habitude:

  • La rendre invisible: une heure avant de vous coucher, éteignez votre téléphone et cachez-le dans le placard.

  • La rendre difficile: choisissez un placard à l’autre bout de la maison par rapport à votre lit (dans la cuisine par exemple) pour éviter de regarder vos mails avant de vous coucher.

  • La rendre inconfortable: mieux encore, un placard dans le garage non-chauffé, avec une caméra qui détecte si vous venez chercher votre téléphone le soir et qui publie sur Facebook que vous n’avez pas pu résister… l’humiliation publique est très efficace. Oui bien sûr c’est un peu exagéré… mais vous avez compris l’intention 😉.

bonnes habitudes, mauvaises habitudes, technologie et stress
Tech & stress — Maître ou esclave?

En moyenne, on utilise 7 outils numériques par jour, 9 applis par jour et 30 par mois. En 2018, 75% des salariés en France utilisaient des outils numériques plus de trois heures par jour, 43 % y consacraient plus de six heures quotidiennes selon un sondage Opinion Way. Selon le même sondage, 45% apprécient ces outils pour leur impact positif sur leur travail de manière générale, mais ils sont pourtant 70% à ressentir un trop-plein d’information, provoquant la fatigue, un sentiment d’être submergé, du stress, une diminution des capacités de concentration, voire même une sensation de désorientation.

Nous savons tous que la technologie a aboli les repères de temps et d’espace. Les données qui envahissent notre quotidien sont de plus en plus nombreuses et complexes. Mais il ne faut pas désespérer pour autant: si cela peut être une source de stress, tout ce flux peut aussi se transformer en une source de changement incroyable et positive.

Et vous, où en êtes-vous? Faites-vous partie de ceux qui…

Utilisent une ou plusieurs des phrases suivantes:

  • «Je ne sais plus où donner de la tête.»

  • «Je n’ai pas le temps.»

  • Quand une notification s’affiche: «Je dois y répondre toute de suite.»

  • À une heure du matin: «Mince, j’ai oublié d’envoyer un mail à…»

  • «Où est mon téléphone?» (dans un ton aigu de panique)

Ou qui disent plutôt:

  • «Il faudrait peut-être que je rallume mon téléphone, tout de même.»

  • «Je répondrai demain, au calme.»

  • «Je me suis désabonné(e) de toutes les newsletters inutiles…»

  • «Je n’utilise plus ‘répondre à tous’ et je demande aux autres la même chose.»

  • «Est-ce que cela m’est vraiment utile?»

Le but n’est pas ici de vous culpabiliser, ni de vous féliciter, mais plutôt de vous inciter à jeter un regard différent sur vos usages. Moi, par exemple, je me retrouve dans les deux catégories…

Il est indéniable que, quel que soit notre profil et notre utilisation des technologies, nos chers appareils et applications sont source de stress et qu’ils ont un impact sur notre productivité. Cela ne signifie pas forcément que l’on souffre d’infobésité ni de saturation cognitive, avec moins de temps de cerveau disponible pour réfléchir. Il faut juste garder à l’esprit qu’une connexion réfléchie nous permet d’être maître et non pas esclave de notre époque moderne.

Que faire ?

Commencez par désactiver les alertes automatiques, ce qui est de loin le hack le plus simple et le plus efficace pour réduire de façon quasi-instantanée notre niveau de stress et pour augmenter notre capacité de concentration.

Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois que l’on reçoit une alerte ou un appel, cela déclenche une réaction du système sympathique de notre système nerveux. Cette partie est en charge de nos actions/réactions, autrement dit c’est celle qui scrute l’environnement en permanence à la recherche d’un lion ou de tout autre menace, et qui nous «shoote» avec une petite dose d’adrénaline pour nous aider à réagir au plus vite… ou pas. Car il faut ensuite entre 5 et 30 minutes après ce boost pour retrouver son point de départ de calme. On comprend dès lors que la multitude des alertes nous interdit de retrouver le calme de cette base de départ. Sans parler du coût d’interruption, qui demande au cerveau quelques dixièmes de secondes à chaque passage d’une tâche à une autre, ce qui entraîne un cumul de fatigue important sur toute une journée. Selon une étude de l’Université de Californie Irvine, après une interruption, il faut en moyenne 25 minutes pour ramener son attention complètement à la tâche entreprise précédemment, et les interruptions réduisent notre productivité de 20%.

Bref, faites la chasse aux alertes!


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Comment garder la technologie à son service ?

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