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Les Échos : "Les ministres priés d'abandonner WhatsApp au profit de Tchap", ou quand l'État français réinvente (encore...) la roue
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L'État a commencé à déployer sa propre messagerie privée sécurisée, Tchap. Destinée à remplacer Whatsapp ou Telegram, elle servira aux agents des services de l'Etat ou du gouvernement à communiquer entre eux.

On serait tenté de dire “enfin !”, en pensant notamment au fait que, par exemple, l’équipe de campagne électorale d’Emmanuel Macron avait adopté Telegram. Et que jusqu’à preuve du contraire, la majorité des proches du Président utilise encore cette messagerie auto-déclarée privée, sans que l’on puisse en être sûr puisque son code n’est pas entièrement ouvert.

On est obligé de faire confiance à ses créateurs, originaires de Saint Petersbourg, qui indiquent dans leur FAQ avoir déménagé à Dubai. Pour une utilisation personnelle, cela ne pose a priori pas vraiment de problème. Mais pour protéger des secrets d’état ?

Le passage de Telegram à Tchap risque toutefois de prendre du temps. Tout d’abord parce que nous savons tous à quel point il est difficile de changer ses habitudes. Mais aussi, voire surtout, parce que l’article indique que pour avoir le droit d’utiliser la nouvelle appli Tchap (disponible sur Android et iOS), «il est nécessaire de disposer d'une adresse mail professionnelle en «. gouv » ou assimilé pour s'y créer un compte».

Or, de nombreux élus utilisent aussi Telegram avec leurs équipes, qui n’ont pas forcément d’adresses de courriel fournie par une autorité publique (qui en plus doit faire partie des entités pré-approuvées par Tchap). La description de la version iOS de l’application indique que l’on peut aussi être invité par un autre utilisateur. Autant dire, que le passage d’une application simple à installer à une autre qui l’est un peu moins, risque d’avoir quelques écueils à surmonter.

Que l’on ne se méprenne pas, je trouve que c’est une bonne nouvelle globalement. J’ai toujours trouvé bizarre, gênant, voire même inquiétant que tant d’élus de la République basent leurs communications “sécurisées” sur un outil dont personne ne peut véritablement assurer le niveau de sécurité. Autrement dit, tout effort vers un autre outil mieux maîtrisé est une bonne chose.

Cela dit, j’ai du mal à comprendre pourquoi les services de l’État ne se sont pas inspirés par exemple des technologies et des procédés utilisés par l’application Signal, que de nombreux spécialistes en sécurité du monde entier considèrent comme ce qui se fait mieux. Pourquoi vouloir réinventer la roue ? Serait-ce encore une solution «à la française», comme celle qui voulait créé un «cloud souverain» et qui a été abandonné 150 millions d’euros plus tard (lire à ce sujet «Orange rachète Cloudwatt, l’échec du cloud souverain») ? Espérons que non…


Lire l’article des Échos.

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En 2008, la vision angélique des objets connectés dans la série The Big Bang Theory

Je ne sais pas vous, mais je suis fan de la série The Big Bang Theory. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit des aventures de 4 scientifiques trentenaires (Sheldon, Leonard, Howard et Rajesh) au QI très élevé mais vivant encore comme des ados : jeux vidéos, plats à emporter, et connaissant par cœur aussi bien la théorie de la relativité que les moindres détails de Star Wars ou Star Trek. Ces 4 (très !) geeks sont à l’aise entre eux mais pas très adroits dans leurs relations au monde. Et la série commence le jour où une jolie voisine vient s’installer dans l’appartement en face (lire l’article de Wikipedia pour en savoir plus).

Outre son côté comique réussi (en tout cas elle me fait rire), l’intérêt de cette série tient aussi au fait qu’elle est très ancrée dans les dernières technologies du moment. Oui, j’avoue, je suis geek aussi, mais j’ai tout de même beaucoup plus de facilité dans mes relations 🙂. En reprenant la série au début, j’ai été frappé de l’évolution de notre vision des technologies et de leur sécurité.

La scène d’ouverture de 9ème épisode de la saison 1, diffusé en 2008 (il y a une éternité technologique donc, voir plus loin…), commence quasiment ainsi. Alors que nos quatre héros ont relié quelques objets à Internet, ils font la chose suivante :

«Howard, active l’accès public.»

«Accès public, activé.»

Aïe.

Les voilà fiers à n’en plus pouvoir de proposer à tout l’Internet de commander à distance quelques objets connectés répartis dans l’appartement. Et lorsque ces objets se déclenchent sans intervention de leur part, ils sautent au plafond de joie.

Je répète… aïe.

Parce qu’aujourd’hui, les objets connectés sont une des principales menaces sur la sécurité d’Internet. Rappelons-nous par exemple les problèmes engendrés par le botnet Mirai. Pour résumer, ce virus a pris le contrôle de milliers de caméras connectées et de routeurs, manquant donc cruellement de protection, pour lancer une des plus grandes attaque par déni de service jamais vues.

Oui bon, c’est pour faire rire, je sais. Mais aujourd’hui, les séries montrant les technologies sont plutôt du genre paranoïaque comme “Mr Robot”.

Pour ne tomber ni dans l’angélisme, ni dans la paranoïa, rappelons-nous de réaliser régulièrement les mises à jour de nos appareils (smartphone, ordi, tablette, montre, caméra, routeur, etc.) et de bannir ceux qui ne peuvent plus se mettre à jour parce que leurs constructeurs ne s’en préoccupent pas ou plus, tels la plupart des smartphones Android de plus de deux ans ou les objets connectés à bas prix.

Vous ne garderiez pas une serrure dont tout le monde a la clé non ?

La scène d’ouverture de l’épisode 9, saison 1 de The Big Bang Theory (via Youtube, en anglais).

La 5G pour les zones rurales? C'est pas gagné M. Soriano (Président de l'Arcep)!

Interrogé par BFM Business, Sébastien Soriano (Président de l’Arcep, souvent appelé le gendarme des télécoms) indique notamment :

"Ce qui est essentiel c'est que la France ne rate pas cette révolution technologique, puisque cela fait un moment déjà que l'on rattrape notre retard sur le déploiement de la 4G, notamment dans les zones rurales"

Hum… Quand on sait qu’il faut plusieurs antennes 5G pour couvrir une zone identique à celle couverte par une seule antenne 4G... Au début tout du moins, les réseaux 5G seront utilisés pour couvrir des zones urbaines très denses. Quant aux zones rurales, qui en ont pourtant bien besoin effectivement, elles ne viendront qu’après.

Et on ne parle pas de la réticence de plus en plus grande des habitants et/ou des municipalités à accueillir de nouvelles antennes.

Sébastien Soriano ajout :

La killer app de la 5G sera probablement la voiture autonome ou connectée

Prière de ne pas lâcher le volant sur les routes de campagne donc…

Écoutez l’interview complète sur le site de BFM Business (à partir de 45 min et 30 s)

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[Vidéo] Toutes les chansons des Beatles sur une carte du monde... ou quand la technologie montre qu'elle peut aussi être merveilleuse

Bien sûr, il faut sûrement être un peu fan des Beatles pour apprécier cette vidéo de près de 13 minutes. Mais au-delà de la musique du plus grand groupe de tous les temps (euh, pouf, pouf, oui je suis fan 😉), ce formidable montage est aussi une ode à la technologie en général (et, dans cet exemple, à Google en particulier), et à tout ce qu’elle peut apporter de positif dans le monde.

Grâce à Google Maps, Google Earth et Google Street View, les créateurs de ce montage nous emmènent visuellement dans tous les endroits visités par John, Paul, George & Ringo, en citant les références dans les chansons. On part de Liverpool évidemment, pour aller jusqu’aux États-Unis, en passant par l’épisode indien de méditation transcendantale, pour revenir à Londres et à leur dernier concert donné sur le toit d’Apple Records en janvier 1969.

Il va sans dire que cette vidéo aurait difficilement pu être réalisée il y a 50 ans, ou même encore il y a 10 ans. Mais au-delà de la performance, il me semble qu’en ces temps de peur et de rejet face à de nombreuses technologies, cette vidéo est une brillante démonstration que la technologie peut aussi se mettre au service des émotions, de la découverte du monde et du progrès de l’humanité. À nous de choisir ce que nous voulons faire des technologies à notre disposition, plutôt que de la subir.

Et ça commence par… “Love, love me do…”