Tech&Stress: Distraction permanente contre cerveau en roue libre, ou comment booster sa créativité

Sortez vos agendas. Regardez de près. Programmez-vous des moments de pause? Ou remplissez-vous vos créneaux comme si vous étiez un de vos appareils qui tournent 24 heures sur 24? Et, non seulement ça, mais avez-vous aussi des périodes prévues pour gérer vos distractions?

Selon une enquête du Bureau of Labor Statistics aux États-Unis, 83% des personnes interrogées disaient qu’elles n’avaient aucun moment dans la journée consacré au repos ou à la reflexion. "Les gens se considèrent comme des machines", explique Matthew Edlund, M.D., auteur de The Power of Rest: Why Sleep Alone Is Not Enough. "Ils planifient trop, travaillent trop, et font trop.” (overshedule, overwork, and overdo)

Êtes-vous sûr(e) de ne pas faire partie de cette catégorie?

Votre cerveau, faisant partie de votre corps, a besoin de pauses, de moments où il n’a pas besoin de se concentrer, où vous laissez votre esprit vagabonder. Dans son livre Tinker, Dabble, Doodle, Try, le spécialiste en neuroscience Srini Pillay, M.D., pointe les avantages durables et positifs de l’ajout d’un flou délibéré et régulier à votre emploi du temps, et montre comment des types spécifiques de non-réflexion planifiée stimulent le calme cognitif, relancent la productivité, renforcent l’innovation, et inspirent la créativité.

Le cerveau a deux modes de fonctionnement. Le premier est l’action, l’engagement dans le monde. Le second est le Default Mode Network (DMN), qui se met en place quand on donne libre champ à l’esprit de vagabonder. Ce dernier vous permet d’assimiler et de consolider les informations et de leur donner du sens.

La non-règle des 90 minutes

Selon les experts, il est important de donner une pause à votre cerveau plusieurs fois par jour. Bien qu'il n'y ait pas de prescription absolue, Stew Friedman, Ph.D., directeur du Wharton Work/Life Integration Project (University of Pennsylvania) et auteur de Leading the Life You Want, suggère de viser une période de repos toutes les 90 minutes ou à chaque fois que vous commencez à vous sentir épuisé, que vous ne pouvez pas vous concentrer ou qu’un problème vous semble insoluble. Besoin d’une idée de comment faire ? Visez une pause de 7 à 20 minutes toutes les 50 à 90 minutes.

Gare aux distractions

Attention, pendant les périodes de 90 minutes (plus ou moins selon votre propre rythme), il s’agit de se protéger des distractions. Afin d’ajouter de la valeur, cherchez un état de concentration sans distraction qui pousse vos capacités cognitives à leur limite. Vous n'allez pas pouvoir créer quelque chose de valeur si votre attention est fragmentée par plusieurs ou même une seule notification (SMS, courriel, Facebook, etc.). La concentration est de rigueur. Cliquez ici pour en savoir plus sur l’attention fragmentée et ses impacts néfastes.

Stop, c’est stop

Pour tirer le maximum de vos pauses, prévoyez aussi bien des pauses “distractions” (pour la gestion justement des notifications), que de vraies pauses, pendant lesquelles stop, c’est vraiment stop. C’est dans ces sas, entre le travail à fond et les distractions à fond, que vous trouverez de l’espace-temps pour laisser l’esprit se ressourcer. Ce sont des moments de répit pour votre cerveau. Profitez-en pour ne rien faire ou pour bricoler, explorer complètement autre chose, dessiner, bouger…. sans regarder vos mails!

Commencez tout de suite par exemple… en laissant votre esprit intégrer ce que vous venez de lire 🙂ou bien imaginer les images qui rempliraient les cadres ci-dessous.

productivité, innovation, créativité
Anne Trager